De la connaissance de soi au retour à l'unité

Depuis plus de 20 ans, j'accompagne des personnes en détresse émotionnelle, qui traversent une crise existentielle, qui perdent pied, qui ne savent plus comment sortir d'une impasse, qui sont dans la douleur ou dans un mal-être persistant. Le thème est toujours d'aller mieux de chercher une issue à ce mal-être profond et c'est bien compréhensible.

Le cabinet de Castelnau-PégayrolsCependant, cette démarche maintient l'opposition de base entre mal-être et bien-être, entre souffrance et vie tranquille, en rejetant l'un au profit de l'autre, comme si, dans l'idéal, je pouvais ne vivre que la partie douce et apaisée de cette vie. La connaissance de soi est plus neutre. Elle ne cherche pas à privilégier un aspect au détriment d'un autre et ne cherche pas d'autres résultats que celui de voir et constater, que d'entretenir la capacité à adhérer la vie telle qu'elle se présente.

Que veut dire connaissance de soi ?

La plupart pensent se connaître. Se connaître ne s'arrête pas à notre identité : couleur des cheveux ou des yeux, date de naissance, profession, origine... La connaissance de soi ne se résume pas non plus à votre caractère, à vos habitudes que vous prenez trop souvent pour votre nature. Quand vous dites, je suis colérique, je suis timide, je suis pudique, je suis entier ou entière, je suis chatouilleuse, j'ai du mal à prendre ma place... ce n'est pas votre nature, c'est une manière de qualifier votre caractère, vos réactions habituelles, auxquelles vous vous êtes identifiés.

Le petit ego face à la vastitude

La connaissance de soi a trait à tout ce qui nous anime, à tout ce qui guide nos mouvements, nos humeurs, nos états d'être, nos projets et aussi à tout ce qui entrave notre liberté intérieure sans que nous sachions. Nous nous prenons pour notre apparence et sa manifestation en méconnaissant ce qui la soutient. Bref, la connaissance de soi, c'est chercher à connaître ce que nous ne connaissons pas de nous-même. C'est découvrir progressivement les ressorts qui agissent à notre insu pour former ce que nous croyons être et guider nos actes en coulisses. C'est aussi aller à la rencontre de ce qui nous anime en profondeur.

Le chemin du retour à l'unité.

Qu'est-ce qui fait que nous ne nous connaissions pas spontanément ? C'est tout simplement que face à certaines situations que nous ne pouvons pas supporter sur l'instant s'élève un refus. « Non ce n'est pas possible. Cela ne devrait pas se passer comme ça, c'est invivable. Trop douloureux. Trop injuste... ». C'est ce refus qui crée un mur entre nous et la réalité présente et c'est à ce mur que nous nous cognons par la suite de manière répétitive en refusant — et il est difficile de ne pas le faire et d'autant plus lorsque les douleurs sont précoces, qu'elles ont été rencontrées à la naissance, pendant la gestation, ou même avant —, en refusant donc, nous créons un mur, une séparation que nous voulons par la suite détruire. Nous voulons détruire ce mur, nous aimerions que cette séparation d’avec nous-mêmes disparaisse et, d'une certaine manière, nous créons un second refus, une nouvelle dualité. Un mur a été installé et nous aimerions qu'il ne soit pas là. Tout cela, bien sûr, en continuant à bénéficier de sa protection. Nous aimerions que les choses changent sans avoir à changer nous-mêmes. Car derrière ce mur érigé se situe la douleur dont il nous a protégé. Abattre ce mur, c'est à nouveau rencontrer la douleur originelle. Sommes-nous prêts ? 

Derrière les apparences, la réalité déformée

La seule manière de dissoudre cette douleur, c'est de la vivre. Paradoxalement, elle n'a pas été vécue (pleinement). Elle a été refusée. En la vivant, en la traversant, elle se dissout. Éventuellement, elle ne disparaît pas complètement, il en reste quelque chose, mais la souffrance due au refus de cette ancienne réalité disparaît.

Tout cela est connu et enseigné dans des écoles de spiritualité. Mais, et vous en avez peut-être fait l'expérience, même dans ces écoles, on ne donne pas la « recette ». Vous pouvez comprendre le mécanisme, essayez de le déjouer, il revient aussi longtemps que le refus n'est pas éteint. Vous avez compris, mais le corps n'est pas convaincu, il poursuit sur sa lancée selon ses vieilles habitudes de protection. Le changement a été introduit mentalement, mais lui l'ignore. Le chemin du retour à l'unité passe par « faire corps ». Le corps doit vivre l'expérience que le danger est écarté, qu'il a survécu et qu’il n'a plus besoin de se protéger. À ce seul moment, il pourra lâcher ce qui vous tient dans ce cycle de répétition : « je veux aller mieux, mais sans connaître cette douleur qui ne devrait pas être là, qui est une anomalie de la vie ». Tant que vous maintiendrez cette séparation, cette exigence qui vous laisse croire que la vie aurait dû se dérouler autrement, tant que vous penserez, même insidieusement, que vous pouvez avoir raison de la vie, vous maintiendrez la séparation et la douleur de la séparation d’avec le réel. Il n'y a pas de réalité alternative, mais il peut y avoir le projet de faire corps et de renoncer à cette réalité alternative, à l'idée que le passé aurait dû se passer autrement, y compris un passé que vous ne connaissez pas car il est tellement précoce que seul votre corps s'en souvient.

Faire Corps

Le premier réflexe, quand on a mal, quel que soit le type de douleur, c'est de s'en retirer. C'est heureux ! Le corps agit spontanément pour sa propre sauvegarde. Mais qui nous apprend à revenir ? Se retirer, oui, mais comment veut revenir à être, à habiter ce corps qui d’une certaine manière et à certains endroits s'est retiré de lui-même ? Bien entendu, ce n'est pas le corps qui s'est retiré — il s'est rétracté —, mais c'est la vitalité et la capacité de conscience. En me retirant, je crée un point aveugle dans la conscience. D'autres ont appelé cela refoulement.

Comment revenir ? Comment même en avoir l'idée, si ce n'est le désir ? Comment revenir en ce lieu duquel toute votre vie, vous avez cherché à échapper tout en essayant de mieux vivre. Vous avez cherché à améliorer votre mal-être par le yoga, la méditation, la sophrologie, l’EMDR et même la kinésiologie, et je passe sur la PNL qui n'est plus à la mode, mais sans oublier l'hypnose. Tout cela fonctionne bien évidemment. (Je ne tiens pas à recevoir de tomates et encore moins la première pierre). Mais les effets sont-ils durables ? Parfois. Tant mieux. Êtes-vous pleinement satisfait, à l'aise ? Vous sentez vous complet, complète ? Ne vous manque-t-il pas une certaine saveur ? N’éprouvez-vous pas une certaine nostalgie ?
Revenir nécessite un complet retournement. Ne plus chercher à échapper, à trouver une issue, cesser d'explorer ailleurs et revenir sur le lieu de la perte de conscience... et en même temps, celui de la douleur. C'est impensable jusqu'à ce qu’il n’y ait plus d'autre solution. Comme disait une personne venue en séjour : « j'ai vécu l'invivable ». Avant, elle pouvait vivre une certaine dose d'horreur, mais il restait l'invivable au-delà de l'horreur. J'ai vécu l'invivable. Ce n'est donc plus invivable.
Une autre disait : « je vis la douleur, mais je n'ai pas mal ». Vous n'êtes peut-être pas prêt(e), cela fait peur, mais il semblerait que ce soit l'unique chemin des retrouvailles avec soi-même. Ce retournement nous fait cesser de chercher à l'extérieur ce qui est à l'intérieur.

Mais comment en arriver là ? Je l'ai déjà écrit quelque part. Vous n'y parviendrez pas seul(e). D'abord, aller à la rencontre de sa douleur est impensable, mais même quand ce retournement devient envisageable, il s'agit de réunir un tel courage, une telle persévérance que vous ne pouvez pas cheminer sans une certaine forme de sécurité, que vous pouvez trouver en vous-même, certes, mais en vous appuyant sur votre accompagnant.

Illustration du prolongement. Les branches des arbres tentent de se rejoindre...

Le prolongement

Dans cet accompagnement, ce que je tente de vous transmettre, c'est la capacité à vous prolonger. (Elle m'est venue de l’haptonomie). Dans la dualité, il y a toujours là où vous êtes versus le reste du monde. Le vivable et l'invivable. Avancer ou ne pas pouvoir avancer (faites un pas, puis un autre !). Se prolonger signifie s'étendre de là où l’on se situe à un peu plus loin. L’un des freins bien entendu est notre sentiment d'individualité, de limitation aux formes de notre corps. Pourtant, quand vous regardez le paysage, quand vous écoutez de la musique, vous ne vous limitez pas à la surface de votre peau. Je ferme la parenthèse. Et donc de proche en proche, vous allez rejoindre ce qui dit non en vous. Non seulement, vous vous « laissez toucher par ce que vous touche » mais vous allez à la rencontre, vous engagez le mouvement, vous explorez l’au-delà de cette bulle dans laquelle vous vivez, tout en restant vous-même.

Mon rôle d'accompagnant consiste à vous faire expérimenter cette voie du prolongement et pour cela, il est nécessaire que je vous apporte un minimum de sécurité, surtout quand la peur est là, en vous invitant, par le toucher, à vivre votre présence corporelle et en vous donnant le sentiment d'être contenu(e) quand vous avez l'impression que vos émotions vous débordent. Le reste, c'est votre courage, votre persévérance et avant tout la conviction qu'il n'y a pas d'autre chemin. Tant que vous ne serez pas convaincu(e), vous continuerez à chercher ailleurs.

Ce que je peux vous apporter, peut sembler n'être pas grand-chose, je ne suis peut-être pas un grand thérapeute, certainement pas un grand sage, loin de là, et je vous ramène souvent à des réalités très concrètes qui vous paraissent parfois peu spirituelle, mais aussi longtemps que vous maintiendrez cette frontière entre « l'invivable » et le pourtant vécu, vous ne trouverez pas l'unité. Tant que vous chercherez le mieux être en essayant d'éliminer de votre conscience les vieux fantômes qui gigotent dans le placard, vous ne pourrez pas être apaisé(e). Choisir la voie de la connaissance de soi, c'est s'abandonner à vivre ce qui est : réalité actuelle, souvenir douloureux, tension musculaires, émotions, catastrophe réelle ou supposée... sans chercher à trouver une alternative.

Le renforcement par l'expérience 

En vous prolongeant dans ce qui vous touche, en allant à la rencontre de ce qui a pu vous blesser comme vous iriez consoler un enfant meurtri, vous finissez par être au centre du vécu. Il n'y a plus « moi et ce que je refuse de vivre », il n'y a plus qu'un. Non seulement vous avez conscience mais vous êtes conscience. À cet endroit, la dualité disparaît.

Et quand vous aurez compris qu’en cessant de maintenir le refus, vous parvenez au cœur du vécu et que dans ce cœur vous n'êtes plus affecté, alors un chemin se dessine. Vous pourrez le réemprunter. Cela ne signifie pas que vous n'aurez plus besoin d'un accompagnant, ne serait-ce que comme témoin, cela signifie que vous n'aurez plus peur de vous y engager. Il y a une issue, elle s'appelle le cœur de la cible. Tant que vous restez à côté, c'est sans issue.

La guérison viendra par surcroît

Si la quête de mieux être est abandonnée au profit du désir de connaissance de soi, ce n'est pas pour autant que vous ne vivrez pas mieux. En quittant ce qui vous divise, vous retrouvez l'unité. Il n'y a plus de conflit entre vous et ce qui vous arrive, entre vous et ce qui vous est arrivé. Vous êtes, ou plutôt, vous devenez tout simplement d'accord. Les blessures du passé ne vous affectent plus car vous les avez vécus en totale présence, sans une once de vous-même pour refuser. Le passé qui s'accrochait à votre refus n'est plus retenu. Il peut trouver sa place dans le passé et cesser d'encombrer votre présent.

Quelle est la différence alors ? C'est que vous avez cessé de vouloir échapper au mal-être, vous avez cessé d'en vouloir à la vie de vous avoir fait mal, de ne pas vous avoir apporté tout ce que vous auriez cru être en droit d'attendre. Au-delà de l'acceptation, vous adhérez à la vie.

La vigilance

Cependant, vivre des expériences de réconciliation, d'unité, de conscience non-affectée, aussi nourrissant que cela puisse être et donner lieu à une transformation progressive de votre être au monde, ne suffit pas.

La sentinelle dans le paysage (Brion bas, Horizons Sancy 2026)

Il est nécessaire que petit à petit émerge une solidité intérieure, que naisse d'une manière le capitaine du navire. Au début il n'y a personne. (« You are not entity » avait dit Swâmi Prajnânpad à Arnaud Desjardins : Vous n'existez pas). Il n'y que des émotions qui vous mènent d'un côté puis de l'autre sans autre direction que celle de tourner en rond. Le capitaine du navire ne sait peut-être pas où il va mais il est capable de se laisser guider par autre chose que les émotions qui le traversent. C'est lui qui veille à ce que les vieilles habitudes ne reprennent pas le dessus. Le changement a été acté, vu, mais pas intégré : les habitudes persistent. La personne continue à se décrire et à se vivre comme celle qu'elle était avant sans tenir compte de l'expérience qui vient de lui prouver le contraire. Un effort de vigilance est nécessaire et pour certains, certaines, le chemin est étroit entre les sillons creusés par l'habitude ou nos vieux démons. Encore une fois, pas de magie. Un maître à bord est nécessaire, y compris s’il est faillible. Un maître à bord ne veut pas dire un tyran, domestique ou pas, évidemment.

Combien de temps tout cela va-t-il durer ?

C'est la question qu'une participante posait lors de la première réunion d'information de notre thérapeute puis formateur à Lille au début des années 80. J'ai répondu moi-même avant lui : « peu importe ! ». Est-ce que je vais commencer à me connaître, puis, quand je me connaîtrai, je n'aurai plus besoin de me connaître ? Non, ça, c'est la connaissance de « moi ». On peut en faire le tour, éventuellement, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse.
Olivier Humbert avait des petits prospectus qui avaient pour titre : De la connaissance de soi à la connaissance du Soi. En fait, la connaissance de soi ce n'est pas se connaître, soi, c'est connaître ce qui nous anime et aussi ce qui nous freine. En d'autres termes, c'est connaître le monde.

Pour autant, est-ce sans fin ? Oui dans le sens et où il est inutile, voire idiot, de mourir avant sa mort. Tant que nous sommes vivants, dans une certaine mesure, le processus d'exploration se poursuit. D'un autre côté, inutile aussi de s'enfermer dans une prison du : « On n'a jamais fini... ». Ce qui peut s'arrêter, c'est la dépendance à notre passé, au passé. « Être libre, c'est être libre du passé » disait Swâmi Prajnânpad. Le passé n'est pas infini, libre à nous de cesser de nous y attacher. Arnaud Desjardins disait avoir atteint « l'autre rive » tout en précisant que ce n'est pas parce que la rive est atteinte qu’il n'y a pas à explorer un nouveau continent. Combien de temps va durer l'appétit de vivre ? Probablement autant de temps que vous respirerez. Est-il nécessaire d'arrêter avant ?

Conclusion

Tout cela pour vous dire que dorénavant je n'accueillerai plus en séjour, que des personnes qui désirent fermement et de tout leur cœur s'engager dans un chemin de connaissance de soi. La « guérison » viendra par surcroît.

Pour tout ce qui est d'aller mieux, et souvent c'est nécessaire, je ne l'ignore pas, vous trouverez de nombreuses propositions dans certaines sont probablement honnêtes. Vous trouverez des thérapeutes avec leur boîte à outils. (Cette notion d'outils m'a toujours rebutée. Vous n'êtes pas une voiture que l'on amènerait chez le mécanicien). Bien entendu, si vous traversez une crise, si vous avez besoin d'aide, je serai présent à vos côtés mais pas dans le sens d'éloigner, de mettre à distance, non, dans le sens de traverser la tempête ou plutôt de vous laisser traverser. C'est l'apprentissage que je vous propose et il nécessite votre détermination.

Je laisse le site du Corps Mémoire en l'état avec ses propositions de séjour et de retraite car il regorge de textes que j'espère nourrissants. Cependant, pour un premier séjour, je vous demanderai d'opter pour un séjour connaissance de soi de sept jours*. Par la suite, car ce travail n'est pas instantané et mérite votre persévérance, vous pourrez revenir pour 5 ou 7 jours en fonction de vos disponibilités et de vos besoins.

* Exception faite du séjour à Vilandrau qui allie cheminement vers soi et mieux-être

Concernant les tarifs

Les tarifs restent inchangés. Votre contribution est nécessaire à l'équilibre de l'échange. Certains pourraient donner plus mais cela s'est rarement produit. D'autres ont peu de moyens bien qu'ils puissent parfois être très motivés. Dans ce cas, on peut envisager que quelques personnes puissent donner ce qu'elles peuvent en attendant des jours plus fastes. Cependant, sachez que vous ne pourrez pas obtenir plus que ce que vous donnez. « Manger ou être mangé » disait Swâmi Prajnânpad. Et donc si vous donnez peu financièrement, vous aurez à vous investir beaucoup dans votre propre désir de cheminer vers vous-même. Évidemment, vous pouvez aussi donner beaucoup et vous investir beaucoup. Je tiens quelques chas d'aiguille à votre disposition !

Sortir de l’égocentrisme

Enfin, il me reste un désir (il finira par tomber lui aussi), celui de voir naître une communauté de « cheminants ». Pour l'instant, depuis plus de 20 ans donc, chacun est venu pour soi. Nombreux sont repartis avec des bénéfices au-delà de leur espérance et je ne les ai revus que bien des années plus tard, d'autres ont peut-être été déçus que le « miracle » n'ait pas eu lieu, mais personne n'a vu d'autres perspectives. Chacun sur son chemin, bien séparé. Chacun réclame et obtient sans voir ce qu’il pourrait apporter. Je ne parle pas ici de poser une nouvelle décoration au mur ni de contribuer à un nouvel investissement comme cela a pu se produire lors de la construction du bassin thérapeutique, je parle de dépasser ici cette notion d'isolement. « Mon chemin » reste l'expression d'un cheminement individuel. Évidemment, quand on se sent mieux dans sa peau, le monde se porte mieux et c'est heureux.

Il s'agit, lorsque nous avons suffisamment reçu, de pouvoir « donner », de pouvoir œuvrer dans le monde. Cela ne nécessite pas de réunion à répétition ni nécessairement d'action collective, mais d'atteindre la conscience de notre chemin n'est pas personnel, que nous pouvons, chacun à son rythme et en fonction de ses capacités, élargir la voie pour donner à d'autres la possibilité de plus d'humanité. « Moi et seulement moi, moi et l'autre, l'autre et moi, seulement l'autre » disait Swâmi Prajnânpad en ouvrant progressivement la main. Olivier Humbert, quant à lui, nous invitait aller du personnel à l'impersonnel. 

En guise d’épilogue : une citation de Swâmi Prajnânpad

« À la racine de toute espèce de vikâra (émotion, agitation) se trouve le "moi". Étant confiné à l'intérieur des limites de mon corps, tout ce qui se trouve à l'extérieur, je le considère comme étranger : vous, lui, ceci, cela. La peur, qui prend possession de moi, que tout ce qui m'est étranger et qui est toujours présent va m'attaquer ou immanquablement me créer des difficultés. Tant que ce sentiment de "l'existence de quelque chose d'étranger" subsiste, vous restez confronté au malheur, à la peur, au chagrin, à la souffrance et à la mort. Vous emploierez toutes vos forces à défendre ce "moi" comme si ce "moi" était une entité qui allait exister toujours. Alors ? Il n'y a rien d'autre à faire que de se rendre libre de ce "moi", de ce petit "moi" limité. Vous n'avez qu'à élargir et développer ce "moi". Si vous ne pouvez le faire qu'en cultivant ce sens du "moi", pourquoi n'avoir qu'un "moi" tout petit ? Pourquoi ne pas l'élargir jusqu'à ce qu'il comprenne tout et n'exclue rien ? Il n'y a rien d'autre à faire ».

Swâmi Prajnânpad -/- Les Yeux Ouverts : Lettres à ses disciples - tome 2

 Un petit Bouddha veille sur les lieux. Îlot de Vilandrau

En pratique :

Pour un premier séjour, vous devrez vous inscrire au séjour Connaissance de soi de 7 jours. Vous pouvez au choix vous inscrire à une retraite spirituelle individuelle qui comprend le même accompagnement et procède sur la même durée.

Par la suite, pour poursuivre le travail engagé, vous pourrez vous inscrire pour 5 jours en fonction de vos besoins et de vos disponibilités.

La retraite silencieuse à l'îlot de Vilandrau est maintenue pour 5 jours, y compris pour un premier séjour. Elle intègre cheminement intérieur et accompagnement au mieux-être. Il s'agit d'une retraite pour deux, merci de trouver la personne qui viendra avec vous.

Pour aller plus loin

→ Faire corps : de l'haptonomie à la non-dualité. Faire corps, c'est l'outil de la connaissance de soi. Transcription d'une causerie donnée à l'îlot de de Vilandrau qui prolonge et précise l'article que vous venez de lire.

→ Un chemin concret pour quitter la souffrance
La première étape pour cesser de souffrir consiste à reconnaître sans relâche que quand je souffre, la souffrance est en moi, vient de moi. Bien entendu, l’autre peut être source de ma douleur, comme le marteau sur mon doigt, mais la souffrance, c’est ce que j’ajoute à la douleur en prétendant que cela n’aurait pas dû arriver...

→ Relation d'aide par le toucher : Inviter et contenir. L'haptonomie se caractérise entre autre par le fait d'inviter l'autre à travers le toucher, de l'inviter à revenir dans sa présence. Contenir doucement permet à la personne de n'avoir plus à se contenir elle-même. Elle peut lâcher-prise. (Lettre du Corps Mémoire).

→ En savoir un peu plus sur l'haptonomie

 

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